MOUCHETÉE
Par Richard Monfette
d’après une entrevue avec Rémi Aubin. Photos et vidéos Rémi Aubin
Poissons nageurs pour gros spécimens!
Deuxième partie
Dans ce deuxième volet sur la pêche à l’omble de fontaine à l’aide de poisson nageur, le spécialiste de pêche bien connu dans la région du Saguenay et président de l’organisme Promotion Pêche, Rémi Aubin, propose de nombreux trucs et conseils pour pêcher efficacement de belles mouchetées à l’aide d’imitation de petits poissons proies.
Conseils pour pêcher au poisson nageur
Le premier conseil que Rémi voudrait donner aux pêcheurs qui désirerait essayer le poisson nageur pour la mouchetée à la traîne, c’est que si vous êtes deux dans une embarcation, tous les pêcheurs doivent pêcher avec des imitations de petits poissons. La raison est simple, les poissons nageurs et les cuillères ondulantes ne s’utilisent pas du tout à la même vitesse. Celle qui sera parfaite pour le poisson nageur, sera beaucoup trop rapide pour la cuillère et il en résultera qu’elle sera inefficace et que vous aurez droit en prime à un fil complètement vrillé en peu de temps. Le contraire est aussi vrai, une vitesse lente parfaite pour la cuillère sera souvent totalement inefficace pour le poisson nageur qui n’aura aucune action dans l’eau. Bref que ce soit à la cuillère ou au poisson nageur, tout le monde dans la chaloupe doit utiliser le même leurre.
Lorsqu’on pêche à la traîne il est important que tous les pêcheurs dans l’embarcation utilisent la même technique. On ne peut pas par exemple pêcher à la cuillère pour un pêcheur et au poisson nageur pour l’autre car la vitesse effective n’est absolument pas la même.
Deuxièmement, d’après ses nombreuses années de tests et d’essais et d’erreurs, selon lui la vitesse idéale pour utiliser efficacement le poisson nageur se situe entre 3,5 km/h à 5,5 km/h. Plusieurs trouveront cette vitesse très rapide, mais vous seriez surpris de la vitesse que peut atteindre une mouchetée lorsqu’elle passe à l’attaque.
Troisièmement il est très important de varier régulièrement la vitesse, de faire des S avec l’embarcation et de ne pas hésiter à donner des secousses au leurre en effectuant des tirades. On augmente la vitesse pour un certain temps, puis on ralentit et ainsi de suite. Cette variation de vitesse et ces changements de directions inciteront souvent les poissons suiveurs à passer en mode attaque.
Quatrièmement, il peut valoir la peine d’ajouter de l’odeur sur nos poissons nageurs lorsque les truites sont moins actives. Cette trainée d’odeur laissée derrière le leurre pourra parfois convaincre une truite suiveuse. Par contre comme les poissons nageurs ont normalement une surface lisse qui retient mal les produits odorants il faudra en ajouter assez souvent.
Cinquièmement, pour les salmonidés, utilisez des poissons nageurs élancés plutôt que trapus. Rémi a remarqué que ceux à la forme longiligne sont souvent plus efficaces que ceux plus hauts de corps.
L’auteur préfère nettement les poissons nageurs longilignes comme celui du haut pour pêcher la mouchetée.
Pêche d’été
Rémi avoue aussi que règle générale les poissons nageurs sont plus efficaces au printemps et au début de l’été. Mais cela ne signifie pas qu’il est impossible de prendre de la mouchetée en période de mi-été. Pour ce faire il utilise un petit gadget vraiment intéressant appelé Sinker-Slides qui permet à la pesée utilisée de coulisser sur le fil principal. Il appelle affectueusement ce montage le «downrigger des pauvres» (voir vidéo ci-dessous et photo ci-contre). Le grand avantage de ce montage coulissant est qu’on est en contact direct avec le leurre (on le sent mieux que si on installe des pesées directement sur le fil). Il permet aussi d’utiliser la méthode arrêt et départ «stop and go» pour faire ralentir le leurre et le laisser descendre vers le fond et relancer la progression pour le faire remonter et lui donner une allure de saut de grenouille. Une technique qui rend ce montage encore plus efficace que le downrigger.
Rémi avoue aussi que règle générale les poissons nageurs sont plus efficaces au printemps et au début de l’été. Mais cela ne signifie pas qu’il est impossible de prendre de la mouchetée en période de mi-été. Pour ce faire il utilise un petit gadget vraiment intéressant appelé Sinker-Slides qui permet à la pesée utilisée de coulisser sur le fil principal. Il appelle affectueusement ce montage le «downrigger des pauvres» (voir vidéo et photo ci-dessous). Le grand avantage de ce montage coulissant est qu’on est en contact direct avec le leurre (on le sent mieux que si on installe des pesées directement sur le fil). Il permet aussi d’utiliser la méthode arrêt et départ «stop and go» pour faire ralentir le leurre et le laisser descendre vers le fond et relancer la progression pour le faire remonter et lui donner une allure de saut de grenouille. Une technique qui rend ce montage encore plus efficace que le downrigger.
Truc de Rémi pour pêcher à la traîne en période estivale lorsqu’il faut faire évoluer notre leurre en profondeur.
Le fameux gadget appelé Sinker-Slides utilisé par Rémi pour faire descendre ses leurres.
D’ailleurs Rémi utilise ce montage non seulement pour la mouchetée d’été, mais aussi pour l’omble chevalier «char», la grise et même le doré. Petit conseil pour utiliser ce montage coulissant, limitez la longueur du bas de ligne à 4 pi, sinon ce ne sera pas facile de passer le poisson à l’épuisette.
Fils et cannes à pêche
Rémi est fervent utilisateur de bas de ligne en fluorocarbone. Il utilise un bas de ligne de 4 à 6 pi de marque Seaguar au bout d’un fil tressé. Dans l’image ci-contre vous trouverez les étapes pour réaliser un bon nœud de raccordement entre le fil tressé et le fluorocarbone. Il aime bien le 8 lb pour la grosse truite et le 6 lb lorsqu’il s’attaque à de plus petits ombles. Il considère que ce type de fil en plus d’être complètement invisible procure une meilleure action au leurre et il a aussi moins tendance à vriller. Il faut également savoir que ce fil vieillit mal et qu’il faut le garder le plus possible à l’abri du soleil et bien sûr le changer régulièrement. Attention au nœud d’attache toutefois, car le fluorocarbone est très capricieux. À ce chapitre il vous propose le nœud en M pour lier votre fil à votre attache métallique (voir vidéo ci-dessous). Cette dernière devrait être la plus petite possible (en fonction de la taille du leurre) et sans émerillon dont le poids supplémentaire nuirait à l’action du poisson nageur. Mais si vous êtes bon avec les nœuds, allez-y avec le nœud Rapala pour relier votre fluorocarbone au poisson nageur. Il n’y a rien de plus subtil comme nœud, et pour les très petits poissons nageurs il permettra une action beaucoup plus prononcée. Concernant la tresse il utilise souvent le X9 de Berkley en 8 lb pour son côté extra fin et pour le fait qu’il lui permet de bien sentir l’action du leurre ce qui lui indique que sa vitesse convient à ce dernier.
Rémi est fervent utilisateur de bas de ligne en fluorocarbone. Il utilise un bas de ligne de 4 à 6 pi de marque Seaguar au bout d’un fil tressé. Dans l’image ci-dessous vous trouverez les étapes pour réaliser un bon nœud de raccordement entre le fil tressé et le fluorocarbone. Il aime bien le 8 lb pour la grosse truite et le 6 lb lorsqu’il s’attaque à de plus petits ombles. Il considère que ce type de fil en plus d’être complètement invisible procure une meilleure action au leurre et il a aussi moins tendance à vriller. Il faut également savoir que ce fil vieillit mal et qu’il faut le garder le plus possible à l’abri du soleil et bien sûr le changer régulièrement. Attention au nœud d’attache toutefois, car le fluorocarbone est très capricieux. À ce chapitre il vous propose le nœud en M pour lier votre fil à votre attache métallique (voir vidéo ci-dessous). Cette dernière devrait être la plus petite possible (en fonction de la taille du leurre) et sans émerillon dont le poids supplémentaire nuirait à l’action du poisson nageur. Mais si vous êtes bon avec les nœuds, allez-y avec le nœud Rapala pour relier votre fluorocarbone au poisson nageur. Il n’y a rien de plus subtil comme nœud, et pour les très petits poissons nageurs il permettra une action beaucoup plus prononcée. Concernant la tresse il utilise souvent le X9 de Berkley en 8 lb pour son côté extra fin et pour le fait qu’il lui permet de bien sentir l’action du leurre ce qui lui indique que sa vitesse convient à ce dernier.
Question canne à pêche, Rémi adapte la longueur à l’action et à la taille des poissons nageurs utilisés. Pour les petits leurres, il aime bien employer des cannes ultra légères courtes avec action moyenne ou moyenne légère d’une longueur de 5 ½ pi. Pour les leurres plus gros ou pour une utilisation générale, il adore sa canne Fenwick d’une longueur 6,8 pi avec action moyenne-légère. Sa longueur plus grande absorbe bien les coups de tête des belles prises et permet d’utiliser un fil plus fin. De plus, comme il utilise une ligne tressée jumelée à du fluorocarbone, son fil à beaucoup moins d’élongation que s’il utilisait du monofilament. La longueur de la canne et son action légère ou même ultra légère servent d’amortisseur de choc et évitent les bris de fil.
Pression atmosphérique
Rémi considère que la pression atmosphérique a une grande influence sur l’activité des poissons. Pour la connaître facilement il utilise l’application gratuite sur son cellulaire appelé Nautide. Ce qu’il a remarqué concernant la pression, c’est que plus elle est constante, plus les poissons risquent d’être actifs. Selon lui les forte chutes ou hausses de pression sont rarement gages de succès à la pêche. Un bel exemple d’une forte chute de pression est l’arrivée d’un front froid qui fait tourner le vent et abaisser la température. Soudainement les oiseaux qui volaient et qui chantaient se taisent et l’activité des poissons ralentit. Dans ce genre de situation, Rémi croit que l’utilisation du bon vieux montage cuillère, bas de ligne, hameçon et ver de terre présenté très lentement près du fond sera probablement plus efficace que le poisson nageur.
Conclusion
Rémi espère sincèrement que les conseils qui se retrouvent dans ce deuxième volet sur la pêche à la truite mouchetée à l’aide de poissons nageurs sauront vous aider à prendre de magnifiques spécimens et qui sait, le trophée de votre vie!
Bonne pêche!
Rémi Aubin exhibant fièrement un magnifique omble de fontaine leurré à l’aide d’un poisson nageur.



