CHRONIQUE

100% PASSIONNÉE

Par Marylin Soucy

Une chasse plus qu’extraordinaire

chez Majeje Africa Safaris

Dernièrement, j’ai eu la chance de voyager en Afrique du Sud chez nos amis de chez Majeje Africa Safaris. Je n’ai probablement pas besoin de vous dire à quel point cet endroit est incroyable. Depuis aussi loin que je me souvienne, faire un voyage pour un safari a toujours fait partie de mes rêves de petite fille. En tant que passionnée de chasse, j’ai eu la chance de pouvoir combiner le rêve à la passion.

La plupart des gens s’imagine que la chasse en Afrique est facile. Pourtant détrompez-vous, ce n’est pas toujours le cas. Parfois, oui la chance est de notre coté et nous rencontrons directement l’animal désiré. Mais parfois aussi il faut chercher et chercher au travers des différents habitats où le gibier pourrait se tenir. Nous avons eu la chance d’avoir d’excellents guides qui connaissent bien leur territoire. Ce fut donc plus simple pour se diriger directement dans le bon secteur, mais la chasse reste de la chasse et nous avons plus que travaillé pour arriver à de beaux résultats. Chaque chasse que j’ai eu la chance de vivre là-bas a été différente. Je vais vous parler d’une chasse que j’ai vraiment appréciée et qui est parfois mal vue, pourtant c’est celle qui m’a fait le plus «tripper» et de laquelle j’aurai les plus beaux souvenirs.

J’ai eu la chance de chasser un zèbre. Bien que très beau, le zèbre reste néanmoins un animal sauvage qui peut avoir mauvais caractère et être très méchant envers ses congénères. Chaque zèbre est unique avec ses rayures et ils sont tous différents. Lorsque l’on chasse ici, c’est important d’écouter ce que notre guide nous dit. Dans mon cas, nous sommes tombés par surprise sur une bande de zèbres pendant que nous étions à la recherche d’un Kudu pour Phil Paradis, animateur des podcasts et aussi collaborateur du magazine. Le zèbre était sur ma liste, pour sa beauté mais aussi pour la complexité.

Les rayures du zèbre sont uniques à chaque animal.

C’est loin d’être une chasse facile. Dans mon cas, lorsque nous avons vu les zèbres pour la première fois, ils étaient à 50-60 mètres environ. Pas besoin de vous dire qu’au moment où ils ont constaté que nous les regardions, ils se sont sauvés au pas de course. D’ailleurs le zèbre est un animal qui court très vite, environ 30-40 km/h sur les longues distances, mais il peut atteindre 60 km/h facilement s’il doit se sauver rapidement. Malgré leur couleur qui déteint dans le paysage, ils ont un talent incroyable pour se camoufler. Au moment, où nous avons constaté qu’ils détalaient, je ne vous cacherai pas que je croyais que ma chasse n’aurait finalement pas lieu. Mon guide Luke, notre tracker Tendi et moi sommes donc partis en leur direction dans la montagne.

Comme je disais plus haut, malgré leur couleur, la végétation ici est très dense par endroit et les arbustes sont pratiquement à la même hauteur qu’eux. Il peut y avoir un grand nombre d’animaux et si on ne prend pas le temps de regarder comme il faut c’est facile de passer à côté sans les voir. Nous les avons suivis jusqu’à ce que nous ayons un bon point de vue pour effectuer le tir. Pour effectuer des tirs sur une aussi longue distance, c’est important d’être bien stable. C’est pourquoi j’aime bien m’installer au sol et cela à été payant. Oui, il y a beaucoup d’animaux en Afrique, mais ce n’est pas tous les animaux qui peuvent être chassés. Les guides et tracker ont des critères précis pour la sélection de la bête que vous récolterez. Ils vont habituellement choisir un vieux mâle, une vieille femelle qui n’aura plus de bébé ou des bêtes blessées ou malades, etc. C’est important pour eux de veiller à la santé du cheptel et c’est en récoltant certaines bêtes que c’est possible d’y arriver. Exactement comme au Québec avec les chevreuils et les orignaux. On veut parfois le gros trophée, mais ce n’est pas toujours celui qu’on «devrait» récolter.

La bande de zèbres que nous suivions s’est finalement retrouvée dans une petite éclaircie sur le dessus d’une montagne. Ils étaient à 420 mètres lorsque j’ai effectué mon tir. J’ai attendu de bien voir le mâle que mon guide m’avait dit de viser. Même à cette distance, on voyait qu’ils nous regardaient sans cesse. Ils font quelques pas et hop encore cachés par la végétation. J’étais prête, je respirais calmement, ici ce qui est bien c’est qu’il n’y à pas de pression. L’important est de prendre son temps pour effectuer de beaux tirs et comme les distances sont parfois assez grandes, une mauvaise respiration ou de l’anticipation peuvent vous faire manquer un tir. Les guides sont là pour vous conseiller et si vous n’êtes pas à l’aise, ce n’est pas grave on admire le spectacle et on passe au suivant. Après quelques minutes à les regarder dans le télescope, j’ai enfin pu effectuer mon tir.

Je tire habituellement à de plus courtes distances, mais avec l’équipement que les guides ont ici c’est possible d’effectuer des tirs de longues distances sans problème. De toute façon, il aurait été impossible d’approcher plus car les animaux sont sauvages et ont plus qu’un endroit pour se cacher.

Au moment du tir, j’étais confiante et contente. Le guide et le tracker regardent avec les jumelles pour voir exactement où l’animal est atteint. Je le voyais bien dans le «scope» et je savais que je l’avais atteint au bon endroit, mais j’étais tellement contente quand Tendi notre tracker m’a dit par la suite «perfect shot» et mon guide semblait aussi content que moi.

Nous avons vu le zèbre partir vers la gauche, mais quelques enjambées plus loin, il est tombé et a dévalé quelques mètres dans la montagne. Le sentiment était incroyable. Avec la température, il n’est pas vraiment possible d’attendre très longtemps pour aller rejoindre le gibier atteint. Nous avons eu des journées de 35 degrés environ et ici la conservation de la viande est encore plus importante justement due à la température. Nous sommes allés le trouver dans la montagne et nous avons tout de suite contacté le reste de l’équipe. Plusieurs personnes sont venues nous rejoindre afin de sortir le zèbre rapidement. Les gens ont des manières différentes de sortir les animaux et j’ai été impressionnée de la rapidité avec laquelle ça été fait. Ils font tout en œuvre pour ne pas abimer, ni la peau, ni le crâne et ni la viande.

L’auteure a été impressionnée de la rapidité avec laquelle les gens de la pourvoirie ont sorti son trophée de la brousse africaine.

Dans mon cas, je souhaitais faire naturaliser la tête et un morceau de peau pour faire un Montage dans un cadre. Un travail d’équipe du début à la fin. Une chasse qui a commencé à quelques mètres de nous mais qui s’est terminée dans une montagne 420 mètres plus loin. Je vais repenser à cette chasse mémorable probablement toute ma vie et j’ai les images gravées dans la mémoire. Les animaux que nous souhaitons rapporter seront taxidermisés là-bas et nous les recevrons quelques mois plus tard. Je connais déjà la réaction que j’aurai lorsque je reverrai mon zèbre et je crois qu’il ne serait pas faux de dire que je vais verser une petite larme.

Je remercie énormément Majeje Africa Safaris, France et Éric, nos guide Daniel et Luke, les deux trackers que j’ai côtoyés Tendi et Lulama, qui m’ont appris énormément de choses pendant nos différentes chasses, ainsi que tout le reste de l’équipe. C’est grâce à vous que j’aurai ces beaux souvenirs. Je repars avec de nouvelles connaissances, des beaux souvenirs et une envie énorme d’y retourner. Ce n’est qu’un aurevoir!

L’auteure et son magnifique zèbre récolté lors de son safari chez Majeje Africa Safaris.

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