CHRONIQUE

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AU FÉMININ

Par Marie-Pier Jossart

Chasse au crooki mule deer
à San Augustin

En janvier dernier, alors que le froid et les nuages recouvraient les vastes paysages du nord du Mexique, nous avons entrepris un voyage de chasse que je n’oublierai pas de sitôt. Accompagnée de mon père et de notre ami Gustavo, nous avons passé trois jours dans la région de San Augustin, dans l’État de Coahuila au Mexique, à la recherche du crooki mule deer, une sous-espèce majestueuse du cerf mulet, propre à cette région.

La saison du rut venait tout juste de se terminer en décembre, ce qui signifiait que les mâles étaient moins actifs, moins réceptifs, et surtout plus difficiles à localiser. Cela ajoutait un défi supplémentaire à notre aventure. La nature n’était pas de notre côté niveau météo non plus, les journées étaient froides, parfois humides, et le ciel restait couvert. Mais malgré cela, l’excitation d’être sur le terrain et l’immensité du décor rendaient chaque instant spécial.

Magnifiques paysages observés par l’auteure à la recherche du «crooki mule deer».

Dès notre arrivée, nous avons été frappés par la beauté austère de l’endroit. San Augustin offre des panoramas à couper le souffle, de vastes plaines, une vue magnifique sur le San Augustin Pic, des collines rocheuses et une végétation typique du nord mexicain, faite de buissons secs et de cactus. Le silence y est presque sacré, brisé seulement par le vent ou parfois le cri lointain d’un oiseau. C’est dans ce décor que nous avons passé nos journées, les yeux rivés à nos jumelles, à la recherche du moindre mouvement dans la broussaille. De plus, San Augustin abrite une faune aussi discrète que fascinante dont le crotale. En hiver, leur activité diminue, mais de connaître leur présence ajoute un petit frisson particulier à l’aventure.

Une serpent mort sur une clôture barbelée rappelant la présence de reptiles comme le crotale dans les environs…

Nous avons eu la chance d’observer un grand nombre de cerfs mulets durant notre séjour. Plusieurs jeunes mâles sont passés dans notre champ de vision mais aucun n’avait les critères nécessaires pour être prélevé. Dans ces moments-là, la patience est mise à épreuve, mais elle fait partie intégrante de l’expérience. Observer ces animaux dans leur environnement naturel, les voir se déplacer, interagir entre eux, était un véritable privilège.

Quelques «crooki mule deer» observés durant le séjour.

Il est important de rappeler que la chasse ne se résume pas uniquement à la récolte d’un animal. C’est un mode de vie, une passion, une manière de se reconnecter à la nature et de partager des moments privilégiés avec ceux qu’on aime. Durant ces trois jours, nous avons eu de belles discussions autour du feu, partagé de bons repas, ri, et créé de magnifiques souvenirs. Ce sont ces souvenirs-là qui restent les plus précieux.

Gustavo, en parfait hôte, nous a fait découvrir la cuisine locale. Chaque soir, nous nous retrouvions autour d’une table bien garnie: viandes grillées, tortillas chaudes, sauces maison… De quoi réchauffer les corps après de longues heures passées dehors. C’était aussi l’occasion de revivre la journée, d’échanger sur ce que nous avions vu et d’espérer que le lendemain nous réserve une belle surprise.

Et cette surprise est bel et bien arrivée, mais pas pour nous. Lors du voyage précédent, en décembre, Gustavo et son fils Carlos, ont eu la chance, chacun, de récolter un magnifique mâle crooki mule deer. Un animal impressionnant, au panache large et symétrique. Je vous laisse sur une image qui démontre bien la fierté que représente cette belle récolte. Ça nous rappelle pourquoi nous chassons, ce n’est pas seulement pour tirer mais bien pour vivre pleinement ces instants de nature et familiales.

Gustavo et son fils Carlos posant avec deux beaux mâles récoltés lors d’une chasse précédente.

En repartant de San Augustin, le cœur rempli de souvenirs et l’esprit apaisé, je n’avais aucun regret. Même sans récolte, cette aventure restera gravée en moi. Le crooki mule deer nous a peut-être échappé cette fois, mais l’essentiel était ailleurs. Et je sais déjà que j’y retournerai.

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